« Des remontées de terrain récentes, largement relayées par les médias, font état d’intoxications volontaires au paracétamol par des enfants ou adolescents », lançait l’ANSM le 24 février. « Nous alertons et appelons à la vigilance sur ces pratiques mettant gravement en péril leur santé ». L’Agence réagit ainsi sans le nommer au « paracétamol challenge » largement médiatisé ces dernières semaines. Il s’agirait d’un défi ciblant les enfants et adolescents, qui consisterait à ingérer des doses excessives pour tester sa résistance jusqu’à hospitalisation, en essayant de rester le plus longtemps possible à l’hôpital…
Un danger réel
Un défi idiot et dangereux, dont certains se sont demandé si son existence n’avait pas été médiatiquement amplifiée. Toujours est-il que des remontées du terrain ont eu lieu, et des cas d’intoxication signalés à l’hôpital. Le 6 février, le sénateur du Val-d’Oise Arnaud Bazin attirait l’attention du ministre de la Santé Yannick Neuder sur ce « défi absurde et dangereux », lui demandant la mise en place de mesures pour informer les jeunes et leurs parents sur les conséquences d’une consommation abusive de paracétamol. Et le 12 février, le centre hospitalier de Montauban (Occitanie) rapportait 4 cas d’intoxication au paracétamol chez des adolescents. Selon France Info et France 3 Occitanie, l’un d’eux aurait confirmé avoir avalé une dose importante pour relever un défi.
1ère cause de greffe hépatique médicamenteuse
Dans ce contexte, et pour dissuader toute velléité de relever un défi imbécile qui en réalité ne date pas d’hier (il a initialement été signalé à l’étranger et des articles l’évoquent dès 2015), l’ANSM a voulu frapper, ou plutôt communiquer fort. Elle martèle que « le surdosage en paracétamol est la 1ère cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France » et ajoute que « des remontées de terrain récentes et des publications sur les réseaux sociaux illustrent la nécessité d’avoir une vigilance particulière quant à ces comportements à risque ».
L’ANSM s’adresse aux parents
L’Agence s’adresse en premier lieu aux parents qui suspecteraient un surdosage chez leur enfant ou ado : « Consultez immédiatement un centre antipoison ou un service d’urgence : 15 (Samu), 18 (pompiers) ou 112 (toutes urgences médicales) ». Le paracétamol présente des risques dès qu’il est utilisé à une dose supérieure à la dose maximale recommandée par prise ou par jour, ou lorsque le délai entre les prises n’est pas respecté. Sachant qu’évidemment ces doses maximales dépendent du poids, donc avec des seuils inférieurs chez les enfants. Elles sont mentionnées sur la notice des médicaments et sur l’ordonnance en cas de prescription.
Autre point important : un surdosage peut ne pas entraîner de symptômes dans un premiers temps, et donc faire croire à tort qu’il n’y a pas de risque. « Puis, dans les 24 premières heures, des nausées, des vomissements, des douleurs au ventre, une perte d’appétit et des sueurs abondantes peuvent apparaître », insiste l’ANSM. « Un surdosage peut également provoquer des lésions des reins et du pancréas ».