Dans une publication de février 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) communique sur le fait qu’elle a reçu de nouveaux signalements de cas d’effets désirables graves après consommation de substances psychoactives par vapotage (e-cigarettes ou cigarettes électroniques). L’Agence du médicament veut ainsi alerter les consommateurs et appeler à la vigilance, dans un contexte de « promotion persistante de pratiques dangereuses via les réseaux sociaux », précise-t-elle. « Le vapotage de substances psychoactives, et notamment de cannabinoïdes de synthèse, présente des risques pour la santé », affirme l’ANSM. Elle précise même que contrairement à l’idée reçue, « le mode de consommation par vapotage ne réduit pas les risques liés à l’usage de ces produits illicites » mais qu’« il peut au contraire les augmenter, l’action des produits étant plus rapide ».
Les adolescents particulièrement concernés
Des jeunes utilisent la vape, ou cigarette électronique, pour inhaler sous forme d’e-liquide, des substances psychoactives comme du cannabis ou des cannabinoïdes de synthèse, dont le PTC (« pète ton crâne », ou « Buddha Blue »). Un on plusieurs cannabinoïdes de synthèse entrent dans la composition du PTC. Il s’agit de « substances qui miment l’effet du cannabis mais dont la puissance peut être supérieure », prévient l’ANSM. Comment les jeunes se procurent-ils ces substances pourtant interdites et classées comme stupéfiants ? « Ces e-liquides sont principalement obtenus par internet, dans la rue ou via des relations (proches, lycée) ».
Quels risques ?
L’ANSM liste les « risques graves pour la santé » liés au vapotage de ces substances : en premier lieu des troubles psychiatriques avec la survenue possible d’épisodes délirants, d’hallucinations, d’idées suicidaires, d’attaques de panique. Les désordres peuvent aussi être digestifs avec des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales ; ou cardiovasculaires avec de la tachycardie ou des douleurs thoraciques. Enfin, ces substances peuvent également exposer à des problèmes rénaux, ainsi que des malaises, des amnésies, des pertes de connaissance voire des convulsions. Elles sont également susceptibles d’entraîner un phénomène d’addiction sévère avec syndrome de sevrage en cas d’arrêt de la consommation.
Une enquête menée depuis 2019
Au vu de leur dangerosité et du public jeune qu’elles mettent en danger, l’ANSM surveille ces substances depuis qu’elle les a vu apparaître. Ainsi, depuis 2019, l’Agence du médicament a mobilisé les centres d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance-addictovigilance (CEIP-A) pour qu’ils conduisent une enquête sur le vapotage des substances psychoactives hors nicotine. Une enquête qui se poursuit et est enrichie par les différentes données recueillies par Droques Info Service ainsi que par l’analyse des cas rapportés aux centres antipoison et de toxicovigilanxe (CAPTV) répartis sur le territoire.
Que montrent ces investigations ? Que sur les années 2021 et 2022, les signalements d’effets indésirables consécutifs à la consommation de substances psychoactives par cigarette électronique ont augmenté, notamment chez les mineurs. Et aussi qu’« en 2024, de nouveaux cas d’intoxications au PTC ont été signalés chez des adolescents qui ont dû être hospitalisés après avoir vapé du PTC », insiste l’ANSM. L’enquête révèle enfin que « certains e-liquides contiennent majoritairement des cannabinoïdes de synthèse, parfois associés à d’autres substances telles que les benzodiazépines de synthèse ». Des mélanges détonants qui augmentent encore les risques d’intoxication et d’effets indésirables graves et inattendus. L’Agence met enfin en garde contre les « mélanges DIY (do-it-yourself) » que certains concoctent en mélangeant différentes substances, entraînant un risque encore plus élevé de surdosage de cannabinoïdes et aussi d’interactions entre les différentes substances.
Que faire en cas d’intoxication liée au vapotage ?
Si vous-mêmes ou un proche constate les symptômes suivants après avoir vapoté un e-liquide, il faut contacter au plus vite les secours (Samu au 15, pompiers au 18, services d’urgence) :
- Nausées et vomissements ;
- Malaise, amnésie, convulsions, perte de connaissance, ou encore :
- Hallucinations, idées suicidaires.
Que faire si vous êtes dépendant à ces produits de vapotage dangereux ?
Si vous ou un de vos proches ressentez une difficulté à contrôler/arrêter la consommation de ces e-substances, il convient de consulter un médecin rapidement ou une structure spécialisée dans la prise en charge des addictions. Sachez qu’il existe des « consultations jeunes consommateurs » à destination des moins de 25 ans, proposant un service gratuit et confidentiel d’accueil, d’écoute et de conseil. Les professionnels qui y travaillent pourront vous orienter si nécessaire vers une prise en charge adaptée. Les adresses et contacts utiles sont disponibles sur drogues-info-service.fr.