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Attention aux médicaments photosensibilisants !

Illustration - Attention aux médicaments photosensibilisants !

Adobe Stock - Par ajr_images

Certains médicaments peuvent provoquer une réaction cutanée avec le soleil.

Votre médecin et votre pharmacien vous l’ont certainement précisé, mais peut-être l’avez-vous oublié, surtout si votre traitement a débuté cet hiver : certains médicaments peuvent être responsables de réactions cutanées déclenchées par une exposition aux rayons UV, donc au soleil. Ces réactions cutanées – qui sont différentes de la lucite estivale peuvent être de deux types différents, selon le mécanisme biologique impliqué.

On notera qu’une séance de « bronzage artificiel » en cabine UV peut également être l’élément déclencheur de la réaction cutanée.

Deux types de réactions cutanées

Dans un premier type de réaction, les lésions ressemblent à des coups de soleil. Elles apparaissent dans les minutes ou les heures qui suivent l’exposition solaire. On parle alors de réaction phototoxique. L’intensité de la réaction dépend de la dose de médicament ingérée ou appliquée, et les zones de peau concernées sont uniquement celles qui ont été directement exposées au soleil (bras, jambes, visage…). Ces lésions cutanées vont disparaître petit à petit, généralement en quelques jours, après l’arrêt de l’exposition solaire et/ou du traitement.

Dans le second cas, la réaction au niveau de la peau ressemblera plutôt à un eczéma ou à de l’urticaire, entrainant donc des démangeaisons. Ce type de lésion, appelée réaction photoallergique, met plus de temps à apparaître : elle va se manifester dans les 24 heures suivant l’exposition solaire, voire plus tard. Les lésions causées par une réaction photoallergique se forment sur les zones de peau exposées au soleil, mais elles peuvent également s’étendre à celles qui étaient couvertes d’un vêtement. Ces lésions cutanées vont mettre plusieurs semaines à régresser après l’arrêt du traitement ou l’arrêt de l’exposition solaire.

Si vous constatez une réaction cutanée après vous être exposé au soleil (même s’il ne s’agit que de quelques minutes lors d’une promenade ou d’une consommation en terrasse), demandez conseil à votre pharmacien pour vérifier que cette réaction n’est pas liée à l’un des médicaments que vous prenez.

N’arrêtez pas votre traitement suite à une réaction cutanée liée au soleil sans avoir demandé conseil à votre pharmacien ou votre médecin : beaucoup de traitements ne peuvent pas être arrêtés brusquement sans mettre votre santé en danger.

Quels médicaments sont concernés ?

Les médicaments qui peuvent provoquer des réactions photoallergiques ou phototoxiques sont relativement nombreux.

Parmi eux figurent notamment des médicaments pris par voie orale (comprimés, gélules, sirops…). lls appartiennent notamment aux classes thérapeutiques suivantes :

  • Antiacnéiques (par exemple l’isotrétinoïne)
  • Antiarythmiques (par exemple l’amiodarone)
  • Antibiotiques (par exemple des quinolones, fluoroquinolones, tétracyclines, sulfamides…)
  • Anticancéreux (par exemple le flurorouracile),
  • Antidépresseurs (par exemple la paroxétine, l’imipramine),
  • Antidiabétiques oraux notamment les sulfamides hypoglycémiants (par exemple le glimépiride ou le glibenclamide).
  • Antiépileptiques (par exemple la carbamazépine),
  • Antifongiques (par exemple le kétoconazole, l’itraconazole),
  • Antiinflammatoires non stéroïdiens ou AINS (par exemple le kétoprofène, l’ibuprofène),
  • Antiparasitaires antipaludéens (par exemple l’hydroxychloroquine),
  • Anxiolytiques (par exemple l’alprazolam),
  • Diurétiques (par exemple le furosémide, l’hydrochlorothiazide),
  • Fibrates (par exemple le fénofibrate),
  • Inhibiteurs calciques (par exemple l’amlodipine),
  • Inhibiteurs de la pompe à protons (par exemple l’oméprazole, le pantoprazole),
  • Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion (IEC) (par exemple le captopril),
  • Neuroleptiques (par exemple la chlorpromazine, les phénothiazines)
  • Statines (par exemple la simvastatine).

Parmi les médicaments pouvant provoquer des réactions cutanées en cas d’exposition au soleil figurent aussi des médicaments qui s’appliquent localement (sprays, pommades, crèmes ou patchs). Ils appartiennent aux classes thérapeutiques suivantes :

  • Anti-acnéiques (par exemple le peroxyde de benzoyle),
  • Anti-inflammatoires (par exemple le kétoprofène),
  • Antiseptique (par exemple le triclosan),
  • Anti-histaminique (par exemple la prométhazine),
  • Anti-viral (par exemple l’aciclovir).

D’autres produits peuvent également provoquer des réactions cutanées suite à une exposition solaire : cosmétiques, crèmes de massage (contenant du baume du Pérou), huiles essentielles (notamment celles d’agrumes)…

Ces listes ne sont pas exhaustives. N’hésitez pas à interroger votre pharmacien et à vous reporter à la notice de votre médicament ou la liste des ingrédients de votre produit de dermo-cosmétique.

Que faire ?

Il est parfois compliqué de distinguer le type de réaction. Mais finalement, cela a peu d’importance  car la conduite à tenir est la même, quelle que soit la molécule à l’origine de la réaction : il faut stopper l’exposition solaire, traiter la peau pour faciliter la cicatrisation et veiller à la protéger des moindres rayons lumineux. Il est parfois nécessaire d’interrompre également le traitement, mais cela ne peut se faire qu’après avis de votre pharmacien ou de votre médecin.

Il faut cependant retenir le nom du médicament qui a provoqué chez vous une réaction, surtout s’il s’agit d’une photoallergie : le risque de récidive avec cette molécule est important à l’avenir. Informez-en votre pharmacien et votre médecin qui feront figurer cette information dans votre dossier médical.

La protection en prévention

Pour éviter ce type de réaction avec le soleil, il est très important de se protéger des UV, à la fois grâce aux vêtements et aux crèmes solaires.

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