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Porter un masque diminue le taux d’oxygène dans le sang.

Article Info/Intox
Sur les réseaux sociaux, une rumeur affirme que le port du masque contre le coronavirus peut entraîner une asphyxie. Qu’en est-il vraiment ?

Depuis le début de la crise sanitaire du coronavirus, le port du masque est conseillé pour limiter les risques de transmission aérienne du virus, qui se fait majoritairement via les gouttelettes de salive expulsées lorsque l’on parle, chante ou éternue. En effet, le masque constitue une barrière filtrante qui va retenir nos postillons. Qu’il s’agisse d’un masque en tissu, chirurgical ou FFP2, ces dispositifs laissent cependant passer l’air puisqu’ils sont conçus dans des matières tissées : les mailles retiennent les gouttelettes contenant potentiellement le virus, mais laissent passer les petites molécules d’oxygène et de dioxyde de carbone.

Ainsi, le masque se laisse traverser par l’oxygène lorsque nous inspirons, même si nous avons la sensation de devoir inspirer plus fortement qu’à l’habitude. Il se laisse également traverser par le dioxyde de carbone (CO2) que nous rejetons en expirant : pas de risque d’accumulation massive devant notre visage. Le masque n’est pas un isolant, il filtre simplement. Plusieurs vidéos ont été tournées par des soignants de différents pays pour montrer, oxymètre à l’appui, que leur taux d’oxygène dans le sang ne diminue pas lorsqu’ils portent un, deux, voire 6 masques accumulés sur le visage.

Désagréable mais indispensable

Il est bien-sûr désagréable de devoir porter un dispositif obstruant la moitié de son visage. La gêne qu’il occasionne n’est pas niée, notamment par les professionnels de santé eux-mêmes obligés de le porter durant leurs heures de travail, soit couramment 12 heures d’affilées.  Pourtant, les pharmaciens, infirmières, sages-femmes, dentistes, médecins et chirurgiens parviennent à prendre soin de leurs patients sans souffrir d’asphyxie.

Le port du masque peut représenter une gêne particulière pour les personnes ayant des difficultés respiratoires, comme celles souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou d’hyperventilation. Dans leur cas, il est recommandé de s’habituer à respirer avec le masque durant de courtes périodes.

Côté irritations de la peau et des oreilles, plusieurs astuces sont suggérées pour en limiter la sévérité : choisir un masque adapté à la taille de son visage, utiliser des systèmes d’accroches pour les fils sur le dessus du crâne plutôt qu’à l’arrière des oreilles, prendre soin de sa peau

Le port du masque ne provoque donc pas d’asphyxie. La gêne qu’il provoque est bien réelle mais elle n’entrave pas la capacité à respirer des personnes, et semble peser bien peu par rapport à sa contribution dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

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