Seuls les garçons muent.

S’il est bien connu que la voix des garçons devient plus grave au moment de la puberté, qu’arrive-t-il à celle des filles ?

Nous avons tous été confrontés aux bugs vocaux que connaissent les garçons de 12-13 ans en pleine révolution pubertaire, la voix bondissant brusquement du grave au très aigu, avec des bribes de phrases aphones. Outre le fait que la meilleure attitude à adopter est le stoïcisme et l’absence de ricanement, il faut savoir que cette mue dure six à douze mois, jusqu’à ce que les cordes vocales atteignent leur taille adulte.

Testostérone pour tout le monde !

La responsable de ces hics phoniques ? La testostérone, « qui apparaît à forte dose à la puberté et génère la pilosité et les caractères sexuels. Or la voix fait partie des caractères sexuels secondaires : il existe des récepteurs hormonaux androgéniques au niveau des cordes vocales. La mue leur apporte une musculation, un épaississement et la voix du garçon descend alors de presque une octave, entre cinq et sept notes plus bas, pour être exact », explique le Dr Jean Abitbol, ORL et phoniatre, auteur notamment de l’ouvrage Le Pouvoir de la voix (Allary Éditions).

Et les filles ? Gardent-elles leurs voix cristallines de gamines, faute de testostérone ? Et bien non ! En plus des œstrogènes et de la progestérone qui débarquent avec les premières règles, la gent féminine a aussi droit à sa dose – moindre, certes ! – de testostérone. « Les filles ont également une sécrétion d’hormones mâles, sinon elles n’auraient pas de libido », explique l’expert ès voix. « L’action oestroprogestative entraîne chez la fille une puberté vocale : la voix de l’enfant devient une voix de femme, quasiment une tierce plus basse, deux à trois notes en dessous précisément. » Et la testostérone ? « Grâce à son action, nous avons, après la puberté, trois couches d’épithélium sur les cordes vocales, au lieu de deux enfant ». Mais la troisième couche de Barry White n’est pas celle de Céline Dion ! « Elle est bien plus épaisse chez l’homme, donnant une corde moins souple, plus musclée. Chez la femme, la troisième couche d’épithélium est plus fine, plus lisse et la corde vocale plus souple, plus plastique. Mais il n’empêche que la corde vocale s’alourdit un peu à la puberté, donnant une voix de femme et non plus de fillette. »

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